Aller directement au contenu

Carnet VIDémarche

Le redressement judiciaire d’une entreprise : la procédure décrite par les fiches officielles

Le redressement judiciaire est une procédure collective qui laisse l’activité se poursuivre pendant que le tribunal cherche une issue. Cette note en suit les étapes dans l’ordre où la fiche officielle les décrit.

Noté par Lucien Mérian · relu par Dorothée Laprade, rédactrice en chef · sources relevées le

Points de repère

  • Délai de demande d’ouverture45 jours après la cessation des paiementsrelevé le 06/10/2026 · source
  • Période d’observation6 mois au maximum, renouvelablerelevé le 06/10/2026 · source
  • Durée maximale d’un plan de continuation10 ansrelevé le 06/10/2026 · source
  • Déclaration de créance2 mois après la publication au Bodaccrelevé le 06/10/2026 · source
Carnet ouvert sur un schéma de cinq cases reliées par des flèches tracées au crayon, une chemise cartonnée posée à côté

Note 1De la première démarche à la dernière

  1. 1

    La demande d’ouverture

    Le dirigeant doit demander l’ouverture au plus tard 45 jours après la cessation des paiements, au tribunal compétent selon l’activité et le lieu. La procédure peut aussi être ouverte à la demande d’un créancier ou du ministère public. La demande est accompagnée de pièces dont la fiche donne la liste : extrait Kbis, état du passif exigible et de l’actif disponible, comptes annuels du dernier exercice, situation de trésorerie de moins d’un mois, entre autres.

  2. 2

    Le jugement d’ouverture

    Le tribunal l’ouvre lorsqu’un plan pour sortir l’entreprise de ses difficultés paraît possible. Le greffier informe le dirigeant dans les 8 jours et fait publier le jugement : mention au registre, avis au Bodacc, insertion dans un support d’annonces légales.

  3. 3

    La période d’observation

    Elle dure au maximum 6 mois, renouvelable une fois pour 6 mois, un second renouvellement pouvant être demandé par le ministère public : elle peut donc atteindre 18 mois. Elle sert à établir un diagnostic et à préparer le plan. Le dirigeant reste en fonction, assisté ou surveillé par l’administrateur judiciaire.

  4. 4

    Les créanciers et les contrats

    L’entreprise ne paie plus les créances antérieures au jugement, les poursuites individuelles sont suspendues et les intérêts cessent de courir. Les créanciers déclarent leur créance au mandataire judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de la publication au Bodacc. Les contrats en cours ne prennent pas fin automatiquement.

  5. 5

    La décision à la fin de la période

    Le tribunal peut clore le redressement, arrêter un plan de continuation d’une durée maximale de 10 ans, ordonner la cession totale ou partielle de l’activité, ou prononcer la liquidation judiciaire.

Note 2À qui s’adresse chaque étape

QuiSon rôle
Le tribunal compétentOuvre la procédure, fixe la période d’observation et décide de l’issue. Tribunal de commerce, tribunal judiciaire ou, dans douze villes depuis le 1er janvier 2025, tribunal des activités économiques.
Le juge-commissaireVeille au bon déroulement de la procédure.
Le mandataire judiciaireReprésente la collectivité des créanciers et agit dans leur intérêt.
L’administrateur judiciaireAssiste le dirigeant ou administre l’entreprise selon sa mission, et établit un bilan économique et social.
L’assurance de garantie des salairesVerse les salaires dus lorsque l’entreprise ne peut plus le faire, selon la fiche.

Tableau 1 Qui reçoit, qui décide, qui renseigne. La situation d’une personne se vérifie auprès de l’organisme concerné.

Note 3Ce que le texte met en place

La fiche sur le redressement judiciaire d’une société définit le redressement judiciaire comme une procédure collective qui permet la poursuite de l’activité d’une société en état de cessation des paiements. Elle indique que la procédure gèle les dettes et peut conduire à des remises de dettes et à des délais de paiement lors de l’adoption d’un plan. Elle ajoute que la procédure concerne aussi l’entrepreneur individuel et le micro-entrepreneur, avec une fiche distincte : la fiche sur le redressement judiciaire de l’entrepreneur individuel.

Note 4Un dirigeant qui reste, un administrateur qui assiste

Pendant la période d’observation, le dirigeant reste en fonction et poursuit l’activité. Il est assisté et surveillé par l’administrateur judiciaire que le tribunal a désigné. Sa rémunération est maintenue, mais l’administrateur peut demander au juge-commissaire de la modifier. Le dirigeant ne peut pas céder les parts ou actions qu’il détient, les autres associés conservant cette possibilité. La désignation d’un administrateur judiciaire est obligatoire au-delà de certains seuils d’effectifs et de chiffre d’affaires que la fiche précise.

Note 5Plan, cession ou liquidation

Lorsque des possibilités sérieuses de redressement existent, le tribunal met en place un plan de continuation, destiné à permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et le paiement du passif. Si aucun plan n’est possible, l’administrateur peut proposer une cession partielle ou totale de l’activité. La liquidation judiciaire est prononcée lorsque le redressement apparaît manifestement impossible. La note sur la liquidation judiciaire simplifiée décrit une variante de cette dernière.

Note 6Qui paie les intervenants

La fiche précise que le mandataire judiciaire et l’administrateur judiciaire sont rémunérés par l’entreprise, selon un barème réglementaire qui dépend notamment du nombre de salariés et du chiffre d’affaires. Le rôle de chacun est détaillé dans la note sur le mandataire judiciaire.

Note 7Avant l’ouverture

Le point de départ du délai de 45 jours est la cessation des paiements, notion qui fait l’objet de la note sur la cessation des paiements. Le tribunal reste seul juge de la qualification et de la procédure.

Note 8Là où le dossier traîne

  • Le délai de 45 jours : le tribunal peut condamner le dirigeant qui a tardé à une interdiction de gérer, après avoir recherché si le retard est volontaire.
  • Une conciliation déjà en cours : la fiche indique que la procédure de redressement ne peut pas alors être demandée.
  • La situation du dirigeant caution : il peut bénéficier de l’arrêt du cours des intérêts, mais la fiche précise que les prêts d’une durée supérieure ou égale à un an ne sont pas concernés.
  • Les contrats en cours : c’est l’administrateur judiciaire qui détermine ceux dont l’exécution est maintenue ; le bail commercial se poursuit en principe.

Note 9Un exemple fictif

Exemple fictif

Exemple fictif : une petite société imaginaire de services ne peut plus régler ses échéances et constate la cessation des paiements.

Lecture Le dirigeant, avec l’aide de son expert-comptable ou d’un avocat, rassemble les pièces et saisit le tribunal dans le délai de 45 jours. Après le jugement, l’activité continue pendant la période d’observation. À la fin de celle-ci, le tribunal retient l’une des quatre issues décrites par la fiche.

Questions qu’on se note

Combien de temps dure la période d’observation ?

Six mois au maximum, renouvelables une fois, d’après la fiche officielle. Un second renouvellement peut être demandé par le ministère public, portant la période jusqu’à 18 mois.

Le dirigeant reste-t-il à la tête de son entreprise ?

Oui pendant la période d’observation, selon la fiche : il poursuit l’activité, assisté ou surveillé par l’administrateur judiciaire. Le tribunal peut ensuite décider d’un remplacement dans certains cas.

Que deviennent les créanciers ?

Ils déclarent leurs créances antérieures au jugement auprès du mandataire judiciaire, dans les 2 mois de la publication au Bodacc. Les paiements de ces créances sont suspendus par la procédure.

À vérifier auprès de…

  • Greffe du tribunal compétent : La juridiction compétente, le modèle de demande et les pièces à joindre. Lire la source

  • Avocat : La stratégie de la procédure et la représentation devant le tribunal. Lire la source

  • Expert-comptable : Les états financiers à préparer et l’appréciation de la situation de trésorerie. Lire la source

Sources relevées le 06/10/2026.

Pour votre situation, rapprochez-vous de l’organisme cité : cette page ne donne aucun conseil personnalisé.

Tourner la page

Dans le même carnet

Carnet VINotion

Le mandataire judiciaire

Le mot « mandataire judiciaire » recouvre deux métiers sans rapport. Cette note traite celui des procédures collectives d’entreprise, où il représente les créanciers, et le…

Carnet VIDémarche

La cession d’un fonds de commerce

Vendre un fonds de commerce suit des formalités précises, destinées à protéger le cédant, l’acquéreur et les créanciers. Cette note les reprend dans l’ordre, avec la…